Fêtes et traditions

LE CARNAVAL

Pratique bien vivante, en Occitanie comme dans le reste du monde, le carnaval évolue selon les époques et les lieux. Il existe autant de carnavals que de villes et villages, chacun ayant ses propres références, sa propre histoire.

Les carnavals occitans présentent de nombreux traits communs aux carnavals du Nord de la France, et s’inscrivent dans le cycle des festivités populaires entre Noël et Carême. Ils précèdent généralement la période de Carême, dans un jeu d’opposition entre débordements et pénitences, gras et maigre.

Cette tradition séculaire se concentre autour de personnages censés représenter les malheurs de la société et de chacun. Ces personnages sont conspués, détruits, souvent par le feu, à la fin des festivités, victimes expiatoires de la part d’ombre de l’humanité.

Selon les traditions occitanes, ces personnages sont habillés de « pelhas», de « pelhòts» ou de « petas» (vieux chiffons). On les appelle « Caramentran » ou « l’Ôme Carnaval » (Carnaval ou Bonhomme Carnaval).  Être perfide et mal intentionné, puisque, traditionnellement, c’est lui qui personnifie les malheurs de la société et de chacun. Il doit donc être jugé et mis au bûcher afin d’expier ses fautes en emportant tous nos malheurs.

Avant cette fin inéluctable, Carnaval est exposé aux regards de tous au cours du « passa-carrièra » (passage dans les rues) qui le promènera d’un bout à l’autre de la ville.

Monsieur Carnaval est bien souvent de très grande taille, réalisé en pâte à papier, jute et paille et ses traits visent à en faire un être répugnant et maléfique. Il est parfois accompagné de son épouse, que l’on affuble du nom de « Caronha » (Charogne) ! Ces personnages sont accompagnés de « festaïres » (fêtards) déguisés eux-aussi. Plus particulièrement dans le département de l’Hérault, d’étranges animaux trouvent leur place dans des fêtes votives, et très souvent à l’occasion du carnaval : ce sont des animaux totémiques.

Ils ont attrait à l’origine légendaire, à l’histoire ou à la vie de la cité ; ils conservent pour les habitants une importante valeur symbolique et identitaire.

Leur forme est parfois très originale et fantaisiste ; leur poids, leur taille sont variables.
Ils sont souvent constitués d’une structure en bois, recouverte de toile, à l’intérieur de laquelle des porteurs se placent pour les faire avancer lors des défilés.

Tout ce monde déambule dans les rues au cours du « passa-carrièras » avec danses et musiques traditionnelles telles que la danse du « chivalet » (petit cheval ou cheval-jupon), le « branle de la chemise » (danse de la chemise), la « buffatière » (danse du soufflet).

La foule accompagne Monsieur Carnaval au bûcher au chant de « Carnaval es arribat » (Carnaval est arrivé) et « Adiu paure Carnaval » (Adieu pauvre Carnaval). Le jugement du Roi Carnaval est tenu collectivement et interprété en occitan, puis s’en suit son immolation. Ces jugements constituent un moment-clé des fêtes. Carnaval est accusé de tous les maux, de tous les malheurs traversés au cours de l’année écoulée. Fêté, adoré jusque-là par les participants, Carnaval devient dès lors le bouc-émissaire sur qui se déversent toutes les frustrations.