La Croix Occitane

Représentation symbolique de l’Occitanie culturelle, la croix occitane est le signe d’une identité, d’une ouverture aux autres, de tolérance, et de la volonté de vivre ensemble dans le respect des différences de chacun.

Son aspect :

C’est une croix :

– grecque, à quatre branches d’égales longueurs se croisant au milieu

– pattée dont les branches vont en s’élargissant du centre vers l’extérieur

– cléchée, c’est à dire que les extrémités se referment en prenant la forme d’une pointe saillante qui rappelle les poignées des anciennes clés

– vidée, à savoir que les branches sont évidées

– pommetée, les douze points saillants sont surmontés de boules (3 par branche)

 

Ses appellations :

Croix provençale, croix arlésienne, croix de Vénasque, croix de Toulouse, croix du Languedoc, croix occitane… elle est quoiqu’il en soit, l’emblème de l’Occitanie médiévale.

Ses couleurs :

D’or sur fond rouge, ou selon les termes héraldiques, de gueules à la croix d’or, elle a les couleurs historiques de l’Occitanie et des civilisations du sud. Le sang représente l’âme des hommes et l’or, le soleil en fusion, l’Être suprême.

Ses symboliques :

A l’instar de son origine, ses symboliques sont diverses.

– le Christ au centre (soleil de justice selon Saint Luc), les douze boules représentent les apôtres (interprétation donnée par les prêtres catholiques aux XIIème et XIIIème siècles) …

– en référence à l’Apocalypse de Saint Jean, elle figure l’union mystique de l’âme et de l’esprit, et les boules les douze portes….

– les douze boules peuvent aussi symboliser les douze maisons du cycle annuel du zodiaque…

– les quatre saisons de trois mois chacune…

– les douze éléments attribués à la personnalité : anxiété, peur de l’effort, désir de possession, arrogance, hypocrisie, paresse, orgueil, illusion, indécision, regrets et espoir !!!

ou encore les douze marches permettant d’atteindre la Connaissance suprême!

Son origine :

Comme souvent, les hypothèses sont nombreuses. Pour certains, elle serait une synthèse de la croix de Saint Maurice (croix tréflée d’origine copte) et de la croix byzantine. Pour d’autres, elle serait présente dès l’époque romaine et wisigothique, et à Toulouse, on dit de la croix qu’elle est le symbole d’un peuple gaulois implanté au IIIème siècle avant J.-C.

Elle pourrait également provenir de la Provence. Quand, en 990, Guillaume Taillefer (comte de Toulouse) épousa Emma (fille et héritière de Roubaud, comte de Provence), elle lui porta en dot quelques comtés. Et c’est dans un de ces comtés provençaux que cette croix serait apparue en premier. Puis elle apparaîtra avec le sceau de Raymond VI en 1211.

On la trouve dès la Première Croisade (1095-1099), sur les armes de Raymond IV de Saint Gilles, à la tête d’une armée de gens du Midi, lors de la prise d’Antioche…

Ce n’est en tout cas qu’au XIème siècle qu’elle apparaît sous sa forme actuelle, notamment dans les familles descendantes des marquis de Provence qui règnent sur le sud de la France.